Loin d’être une révolution technique, l’informatique dans les nuages, ou cloud computing, est surtout un changement de modèle économique pour les fournisseurs d’infrastructure et de logiciel. L’industrialisation de la virtualisation poussée à son extrême a permis d’atteindre des niveaux de mutualisation qui n’avaient encore jamais été envisagés. Quand cette mutualisation atteint un niveau critique, les offres économiques changent de visage et permettent de voir les services informatiques comme des commodités que l’on paie à l’usage, comme l’eau et l’électricité. Autrement dit, pour les usagers, les coûts d’investissement deviennent des coûts de fonctionnement.

Ce n’est pas une innovation technique qui a permis ce changement de paradigme, mais bien la logique de mutualisation, qui permet les économies d’échelle permettant d’arriver à ces offres d’un genre nouveau. Si les offres massivement mutualisées des opérateurs mondiaux sont séduisantes, leur adoption implique d’accepter un certain nombre de risques, juridiques notamment, et une certaine perte de contrôle. Les offres françaises d’infrastructure, de plateforme ou de logiciel en libre-service se faisant attendre, faut-il en déduire que l’informatique dans les nuages n’est pas faite pour nos villes ?

Ce serait sans compter sur la culture de la mutualisation, bien ancrée dans les gènes des collectivités, qui n’ont pas attendu les dernières évolutions techniques pour mettre en commun leurs ressources et délivrer un service à valeur ajoutée à tous ses usagers, quelle que soit la taille de leur collectivité. .